LE SECRÉTAIRE DE MARCEL PROUST ou des souvenirs et des regrets aussi…

Nouvelles – 172 pages

Éditions du Corsaire - Île Maurice - 2006. Épuisé

crédit dessin Roland Leclésio

 

Michèle Malivel a choisi les Nouvelles pour nous régaler de ses souvenirs. Genre littéraire souvent traité avec dédain, la nouvelle permet à ceux qui ont beaucoup à raconter de s'y attacher avec le souci du détail et une minutie qui va régaler ceux qui aiment la précision du style. Cette précision du style qui permet en effet de sentir les situations comme si on les vivait. On sent les odeurs. On goutte les souvenirs. Toute famille a quelque chose à raconter, mais faut-il encore qu'il s'y trouve quelqu'un sachant capter tout cela, le remonter du tréfonds de ses souvenirs et savoir le raconter, transformant les choses d'apparence banales en histoires drôles, croustillantes ou romantiques. Atmosphères, atmosphères… Nouvelle après nouvelle on passe du littoral au centre de l'île, de l'histoire d'un meuble qui a une histoire, à la fille prodigue revenue d'Australie à une époque où voyager relevait d'une folie excentrique, à ce duel d'un autre temps, cette fuite éperdue à l'autre bout du monde pour oublier celle qu'on aime à la folie dans un temps où l'on ne badinait ni avec l'amour ni avec l'honneur. À travers ces nouvelles, Michèle Malivel ralentit le temps, ce temps perdu que Proust cherchait désespérément et ce petit meuble qui lui avait appartenu et que l'auteur veut retrouver à tout prix. « Souvenirs et Regrets aussi ». Certes, les souvenirs embellissent toujours ce qu'on a vécu mais ils ont le mérite de décupler les bonheurs et les malheurs et d'installer dans la tête de l'adulte ce que l'enfant a vécu. Et ce que l'enfant a vécu, rien ne pourra le remplacer. C'est alors que les odeurs sont plus fortes, les chagrins plus profonds, les scones bien meilleurs et le soleil, comme dit le poète, plus brûlant qu'aujourd'hui. « Et les Regrets aussi » : Michèle Malivel regrette comme nous tous que les souvenirs ne soient que des souvenirs. Nostalgie quand tu nous tiens…

Jean-Pierre Lenoir (Éditions du Corsaire)

4ème de couverture :
« …Ayant finalement trouvé sa lampe, Praslin l'alluma d'un coup sec et ils poussèrent ensemble un cri d'horreur. Autour d'eux, il n'y avait plus de sable, il n'y avait qu'une armée mouvante et grinçante de crabes énormes qui prenaient l'île d'assaut ! Les pinces levées comme pour l'attaque s'entrechoquaient comme des lames qui se croiseraient dans une bataille ; leurs coques glissaient les unes sur les autres, se chevauchaient, se heurtaient dans un bruit atroce à la fois sec et chuintant. Il en arrivait de la mer en vagues continues et cette marée mouvante avançait, escaladait, renversait et broyait tout sur son passage. C'était claquant, grondant, grinçant, un avant-goût d'apocalypse ! ...»
Revue de presse :

Michèle MALIVEL entraîne le lecteur dans de savoureuses histoires de famille où se mêlent grâce et sensibilité… Elle arrive à recréer des ambiances de ces années-là, leur essence, et surtout ce petit côté merveilleusement désuet d'une époque qui fait désormais partie de l'histoire ancienne de l'île Maurice.

Thierry CHATEAU – L'Express – octobre 2006

Des contes à vous jeter au tapis pour le compte… Le talent à l'état brut… Le sol se dérobe sous les pieds du lecteur… Michèle MALIVEL… possède plus d'un tour dans son sac, … elle ressemble comme deux gouttes d'eau aux plus connus des chefs-d'œuvre de la peinture de tous les temps et de tous les lieux…

Yvan MARTIAL - L'Expresso - octobre 2006

Composé à son retour sur l'île natale, ce recueil de nouvelles, pétri d'intimité et de poésie, nous livre les souvenirs réels et imaginaires d'une époque et d'un art de vivre avec une précision de style qui permet d'en savourer chaque image et chaque odeur…

Valérie VENCATACHELLUM - Islander - avril 2007

Oeuvre littéraire